Une île désertée par ses habitants.
Quatre prisonniers en fin de peine.
Choisis pour une expérience pénitentiaire d’une durée d’un an.
Sans menottes ni barreaux, libres de leurs mouvements,
ils dorment dans des chalets tenus par des gardiens sans armes.
L’hiver, la neige les retient à l’intérieur d’un vieux théâtre.
Un accompagnant débarque.
Avec lui, une pile de tragédies de Sophocle.

Comment se reconstruit-on après la chute? C’est la question que posent Julien Lemonnier et Camille Sansterre avec Ce jour te fera naître et périr. En s’inspirant d’une prison humaniste basée en Norvège, ils ont imaginé cette histoire où quatre détenus, deux hommes et deux femmes, vont vivre la dernière année de leur peine sur une île et participer à un atelier sur Sophocle.

En les confrontant aux récits tragiques d’hommes et de femmes qui, comme eux, ont chuté, connu le crime et le sang, le spectacle questionne la tragédie et la poésie comme moyen de résilience. Ou comment faire le pari de l’art, de ce qui nous interroge et nous bouleverse au plus profond, pour donner une colonne vertébrale à une existence mise à terre.

  • Interprétation : Patrick Brüll, Olivier Constant, Mercedes Dassy, Wendy Piette (en alternance avec Céline Peret), David Scarpuzza.
  • Mise en scène et dramaturgie : Julien Lemonnier et Camille Sansterre
  • Assistanat à la mise en scène : Gentiane Van Nuffel et Soazig de Staercke
  • Création lumières : Christophe Van Hove
  • Scénographie : Alice Panziera
  • Costumes : Delphine Coërs
  • Création musicale : Julien Lemonnier
  • Régie : Loïc Scuttenaire
  • Réalisation vidéo : Robin Montrau
  • Montage vidéo : Ayrton Heymans

(...) Les comédiens sont d’un réalisme époustouflant quand ils endossent leurs personnages ravagés, assommés par la désintoxication, secoués d’une rage inextinguible et d’une rancune sans fond envers la société. Leurs attitudes rebelles, leurs maladresses de langage, leurs codes corporels suintent l’enfermement. On en ressort éberlués par leur talent, par le naturel mimétique de leur jeu.

Catherine MakereelLe Soir

Cette création de la jeune compagnie PHOS/PHOR nous touche au coeur et fait parler d’elle au point que les files d’attente s’allongent chaque soir. (...) Comme on l’imagine, l’attitude des prisonniers évoluera de mois en mois, sans angélisme, loin de là, avec de réelles et intéressantes questions sur la réinsertion, de vrais pics d’intensité. (...)
Ce nouveau projet, alliant réalisme, théâtre et poésie, vient du ventre et explose de vérité(s).

Laurence Bertels, La Libre BelgiqueLa Libre Belgique

Comme dans les meilleurs récits sociologiques, il y a chez PHOS/PHOR une qualité d’écriture vivifiante, qui naît des rythmes heurtés des personnages, des accrocs de la rencontre, des désirs qui s’entrechoquent. Et dans le local de l’atelier théâtre, les instants de grâce le disputent à la banalité la plus triviale (...)
C’est tout l’art de la compagnie PHOS/PHOR de nous donner à voir ce qui fonctionne et ne fonctionne pas, ce qui bloque et ce qui surgit, ce qui change et ce qui demeure, sans essayer de rien résoudre.

Emilie Garcia Guillen24h01

La geste et la voix des comédiens est frappante de réalisme, la mise en abyme est intelligemment construite, et valorisée par une scénographie sobre mais efficace. La perspective documentariste de cette pièce de fiction aspire le spectateur dans l’observation presque scientifique de ces humains placés dans un jeu particulier où se mêlent la banalité de l’existence et la férocité de la tragédie.
Sans surprise, la pièce est un succès. Courez-y vite avant qu’elle ne soit tout à fait complète.

Siham NajmiKairos
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